Catégories : Actualités | Photos

PROCASEF : trois jours de capitalisation pour consolider les acquis et préparer la phase additionnelle

13 septembre 2026

Saly, 7- 9 septembre 2026 : Le Projet Cadastre et Sécurisation Foncière (PROCASEF) a tenu un atelier consacré à la capitalisation des acquis et des leçons apprises de sa phase initiale, en perspective de la mise en œuvre de sa phase additionnelle.

La rencontre a réuni les experts du projet ainsi que ses principaux partenaires, notamment l’Association des Maires du Sénégal (AMS), l’Agence nationale de l’Aménagement du Territoire (ANAT), le Cadastre, la Direction générale de l’Administration territoriale (DGAT) la Société Civile (CRAFS)et les opérateurs fonciers. À travers cette démarche participative, le PROCASEF a souhaité tirer les enseignements de l’expérience acquise sur le terrain, identifier les bonnes pratiques à consolider et apporter des réponses aux principales difficultés rencontrées au cours de la première phase.

À l’ouverture de l’atelier, Monsieur Malick Ndiaye, maire de la commune de Gagnick, représentant le président de l’Association des Maires du Sénégal (AMS) a rappelé l’importance de la sécurisation foncière pour les collectivités territoriales et la nécessité de préserver et de valoriser les acquis enregistrés dans les communes d’intervention. Monsieur Mouhamadou Moustapha Dia, Coordonnateur national du PROCASEF a, pour sa part, insisté sur la portée stratégique de l’exercice, qui doit permettre de transformer les enseignements de la première phase en actions concrètes pour améliorer la performance et la durabilité de la phase additionnelle.

Des acquis importants à consolider

Les travaux de capitalisation ont d’abord permis de mettre en évidence plusieurs résultats et bonnes pratiques enregistrés au cours de la phase initiale.

Le Groupe 1, consacré aux opérations foncières, au mécanisme de gestion des plaintes (MGP) et aux sauvegardes sociales, a notamment relevé le dépassement des objectifs quantitatifs des enquêtes et inventaires, avec des niveaux de réalisation souvent compris entre 100 % et 155 %. Le groupe a également mis en avant le déploiement de l’architecture du MGP à quatre niveaux, ainsi que plusieurs pratiques jugées pertinentes : recrutement d’enquêteurs issus des communautés, restitutions cartographiques, affichage contradictoire avant délibération et suivi hebdomadaire partagé avec les autorités.

Le Groupe 2, axé sur les outils et la gestion foncière de proximité, a souligné les avancées enregistrées dans la construction des bureaux fonciers communaux et la formation de 138 agents fonciers communaux. Il a également relevé le déploiement du réseau CORS/géodésique, de l’e-NICAD et du SIFCOM, ainsi que la réalisation des procédures de screening environnemental et social.

Pour le Groupe 3, consacré à la gouvernance, au capital humain et à la soutenabilité, les mécanismes réguliers de coordination, le partage des rapports et l’existence de dispositifs institutionnels dédiés ont été identifiés comme des acquis importants. Les participants ont également relevé les résultats obtenus en matière de formation des animateurs et agents locaux, de sensibilisation communautaire et d’inclusion des femmes, avec notamment l’expérience du Bassin Arachidier considérée comme une bonne pratique susceptible d’être généralisée.

Des difficultés clairement identifiées

Au-delà des acquis, l’atelier a permis de mettre en lumière plusieurs contraintes qui devront faire l’objet d’une attention particulière dans la phase additionnelle.

Les échanges ont notamment fait ressortir la nécessité de mieux clarifier les rôles et responsabilités des différents acteurs dans la chaîne des opérations foncières et du MGP. La qualité des données collectées, les délais d’approbation administrative, la délivrance et l’intégration des NICAD, ainsi que le fonctionnement effectif des comités de gestion des plaintes figurent également parmi les principaux points d’attention identifiés.

Les participants ont par ailleurs relevé le retard dans l’opérationnalisation de certains bureaux fonciers, notamment en lien avec le déploiement du SIFCOM, ainsi que l’absence d’un modèle économique suffisamment défini pour assurer leur pérennisation au-delà du projet. Les questions de connectivité, de rattachement des agents fonciers dans les organigrammes communaux et de continuité des ressources humaines ont également été examinées.

Sur le plan institutionnel et social, les travaux ont fait ressortir des besoins de renforcement de la coordination entre acteurs, de transmission des données, de supervision de terrain et d’implication plus précoce de la société civile (CRAFS). L’accès des femmes au foncier, la représentation des femmes dans les instances de décision et la lutte contre les rumeurs et la méfiance communautaire ont également constitué des sujets importants des échanges.

Des recommandations pour une phase additionnelle plus efficace

Les travaux des groupes ont débouché sur une série de recommandations opérationnelles.

Parmi les priorités identifiées figurent la clarification et la formalisation des rôles des différents acteurs, l’accélération des procédures d’approbation, le renforcement du contrôle qualité dès la collecte, la mise en place précoce des CTASF et l’opérationnalisation des comités MGP dès le démarrage des opérations. Le renforcement de l’accès des femmes au foncier constitue également une priorité transversale.

Concernant les bureaux fonciers, les participants recommandent d’accélérer leur équipement et leur opérationnalisation, de clarifier le rattachement organique des agents fonciers et de définir un modèle de pérennisation financière permettant d’assurer leur fonctionnement durable.

Sur le volet numérique et géospatial, l’accent est mis sur la stabilisation du SIFCOM, l’amélioration de la connectivité, la finalisation et la diffusion de son manuel technique, ainsi que sur la définition d’un modèle de gouvernance du fonds d’images et du réseau CORS. Les participants ont également recommandé de systématiser les missions conjointes de supervision.

Enfin, en matière de gouvernance, de renforcement des capacités et de mobilisation sociale, les recommandations portent notamment sur l’instauration d’un cadre de concertation périodique, l’organisation de missions conjointes de supervision, la transmission systématique des données et le renforcement des capacités financières et logistiques de l’URM. Les participants préconisent également d’impliquer la société civile (CRAFS), dès le démarrage des opérations, de renforcer la formation initiale et d’assurer un suivi post-formation.

De la capitalisation à l’action

Au terme des trois jours de travaux, l’atelier aura ainsi permis de dégager une vision partagée des acquis, des difficultés et des priorités pour la suite. L’objectif est désormais de traduire ces enseignements en un plan d’action opérationnel, assorti de responsabilités, d’indicateurs et d’un calendrier de mise en œuvre.

Cette démarche de capitalisation constitue une étape importante pour consolider les acquis de la phase initiale et préparer une phase additionnelle davantage fondée sur l’expérience du terrain, une meilleure coordination des acteurs et une plus grande appropriation des outils et mécanismes de sécurisation foncière.

À travers cet exercice, le PROCASEF entend ainsi faire de l’expérience acquise dans les territoires un véritable levier pour renforcer durablement la sécurisation foncière et accompagner les collectivités territoriales dans la gestion de leur patrimoine foncier.

[PHOTOS]